Histoire vécue Les aventures de Vidocq

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Histoire vécue : Les Aventures de Vidocq (Christian Smets)


Il y a une cinquantaine d’années, Vidocq, un superbe teckel à poils longs, était mon chien.


Première rencontre.


J’habitais alors la maison familiale, entourée d’un grand jardin que l’entretenais. Ma jolie voisine habitait en appartement et, donc, promenait son chien. Quand elle passait nous échangions quelques mots : c’est ainsi que j’ai appris le nom de Vidocq et que, quelques fois, je l’ai caressé.


Deuxième rencontre.


Le temps passe ; je fais la connaissance d’une dame qui deviendra mon épouse. La première fois que je me rends chez elle (à 15 km de mon domicile), son chien vient spontanément vers moi, me renifle longuement, puis remue la queue, manifestant des signes d’amitié. Sa maîtresse me dit « il s’appelle Vidocq, mais je suis surprise de sa familiarité ». Je lui réponds en gardant mon sérieux « Normal, on se connaît depuis longtemps ! ». Coïncidence ? Signe du destin ?


Un chien fugueur


Mon épousé était kiné et recevait ses patients à domicile. Le rusé Vidocq savait que lorsqu’on sonnait, la porte allait s’ouvrir. Il se planquait sous le meuble du hall d’entrée et dès l’huis entr’ouvert se faufilait à toute vitesse entre les jambes de la visiteuse pour une longue promenade interdite.


Le jeudi saucisse fraîche


L’ennui est que nous habitions à 150 m. d’une nationale très fréquentée. Un jour que je ne travaillais pas, Vidocq se fait la belle. Je le suis à mon rythme et m’aperçois avec horreur qu’il traverse la route (ce qui lui sera fatal quelques années après !). Je l’aperçois de loin, traverse avec prudence et m’aperçois qu’il est assis devant l’entrée d’une boucherie où une ardoise précise « Chaque jeudi, saucisse fraîche ». Le boucher sort et me dit « Il est à vous ce chien ? Chaque jeudi il vient s’asseoir devant la porte et ne repart que quand il a reçu un bout de saucisse. Il ne s’est jamais trompé de jour.»


Vidocq et le bébé merle.


Un beau jour, il attire mon attention par des aboiements. A ses pieds un bébé merle tombé du nid, petite chose assez informe. Nous l’amenons à l’intérieur, puis durant de longs jours, nous le nourrissons avec du jaune d’œuf au bout d’un bâtonnet et de l’eau au goutte à goutte. Peu à peu, le merle (déclaré non viable par la véto de service) grandit, acquiert quelques plumes, se nourrit lui-même. Son logement était une cage, mais elle était toujours ouverte et, comme il ne pouvait pas voler bien loin, il était autorisé à des sorties au jardin. S’il les faisait parfois en ma compagnie, son plus grand plaisir était de faire une longue balade sur le dos de Vidocq, tout fier de promener son cohabitant. Le merle a vécu une vingtaine de mois : courte mais chouette petite vie.


Vidocq sauveteur


Nous avions dans le jardin une pièce d’eau assez profonde, pour que poissons et végétation aquatique puissent s’y développer. Bien entendu, elle était cimentée et pourvue d’une margelle de pierres, donc des rebords assez abrupts. Je rentre du boulot, range ma voiture dans l’allée latérale et aperçois Vidocq couché au bord de la mare, alors que d’ordinaire il venait bruyamment à ma rencontre. Intrigué, je vais voir et m’aperçois qu’il tient par le collier une petite chienne noire du voisinage tombée dans l’eau. Je m’empresse de sortir de ce mauvais pas la petite bête à moitié aveugle, compagne de fugue régulière de Vidocq. Lui était assis et me regardait : on aurait dit qu’il était fier de lui, à juste titre. Après, je suis retourné voir : l’herbe était entièrement arrachée, profondément labourée par les griffes de mon chien. Combien de temps lui avait-il tenu la tête hors de l’eau ? Harassant et admirable travail.


Ce récit est 100% authentique.