Article paru en 1987

Leon Roufosse© 2009 • Privacy Policy • Terms of Use

L'article qui suit est paru dans nos publications il y a plus de 30 ans et malgré son ancienneté, il est plus que jamais d'actualité.


NOEL-NOUVEL AN : 150000 animaux sacrifiés en Belgique pour les réveillons


Canards, dindes, oies, homards, huîtres, saumons, poissons, escargots, lièvres, faisans, agneaux, cerfs, biches ect. vont être sacrifiés pour le simple plaisir du ventre.

Il n'est bien sûr pas question de contester le fait que l'homme mange de la viande. Par contre, il nous parait monstrueux que l'on puisse faire souffrir et tuer autant d'animaux pour le simple plaisir du ventre.


Les conditions dans lesquelles sont détenus les animaux de consommation - élevages intensifs comme disent les experts- ont été maintes fois dénoncées (lire Animaux Contact de décembre 1986 : "Le supplice des animaux de consommation"). Les veaux sont enfermés dans des boxes où ils peuvent à peine bouger. Les poules pondeuses sont enfermées dans des cages minuscules. Les animaux ainsi élevés menacent notre santé : ils sont bourrés de vitamines, d'hormones, d'antibiotiques etc.


Les horreurs de Noël et Nouvel An


Mais pendant les fêtes de fin d'année, notre fréésie gourmande prend une allure encore plus morbide.

Pourquoi faut-il qu'à une consommation déjà exégérée de cheval, boeuf, porc, veau, mouton, nous ajoutions ces animaux que l'on appelle gibier et aussi les poissons, les crustacés, les escargots, les grenouilles etc.

Le simple fait de manger du lièvre ou du faisan c'est accepter la chasse dans toute son horreur. Pensons aussi aux huîtres qui sont mangées vivantes, aux homards et aux autres crustacés qui sont tués par ébouillantage, aux truites jetées vivantes dans la poêle à frire. Quant aux grenouilles, la façon dont elles sont traitées est bien connue : on leur coupe les pattes postérieures et on les rejette vivantes à l'eau. Plus de 1000 tonnes de pattes de grenouilles sont importées chaque année en Belgique.


Une horrible et odieuse pratique, pour obtenir le foie gras d'oie ou de canard. Le gaveur tient l'oie d'une main, dans l'oesophage de la pauvre bête est enfoncé un tube distributeur où l'on fait couler pendant plusieurs minutes du maïs cuit additionné de sel. Ce supplice se répète trois fois par jour pendant 3 à 4 semaines.


L'auto-gavage des oies


Le malheureux volatile soumis à un tel procédé subit rapidement une hypertrophie du foie avec dégénérescence graisseuse. C'est la viande d'un animal malade qui est vendue pour les fêtes de fin d'année. Un foie gras n'est en fait rien d'autre qu'un foie atteint de cyrose. Son poid est douze fois supérieur à celui d'un foie normal. Cette souffrance de l'oie, que tout le monde connaît, n'empêchera pas la consommation de centaines de kilos de foie gras aux fêtes de fin d'année.


Les escargots souffrent aussi


Il faut aussi savoir que les Belges consomment plusieurs tonnes d'escargots par an. Ceux-ci sont élevés à raison de 500 à 600 au mètre carré. Ils n'ont plus le droit d'hiberner normalement : ils doivent continuer à grandir durant tout l'hiver. De nombreux animaux de toutes espèces sont aussi élevés sur le mode concentrationnaire. De nombreuses espèces de petits oiseaux figurent également aux menus des fêtes de fin d'année.


La paille et la poutre


Il y a peu de temps l'affaire des chiens et des chats de Corée a fait grand bruit. Râppelons que toutes les SPA et la presse écrite et télévisée ont lancé une campagne pour que les Coréens cessent de manger du chien et du chat. L'ambassade de Corée a reçu des milliers de lettres de protestations (Cf. Animaux Contact N°4).


Ce sont des régions très pauvres : des millions de personnes y sont affamées, qui n'ont ni veaux, ni vaches ; elles sont réduites à manger du chien. Nous avons condamné et nous avons mené campagne contre le marthyr de ces animaux qui vivient dans ces régions éloignées.


Si le fait que les Coréens mangent du chien nous révolte, pourquoi le fait que les Belges vont sacrifier 150000 animaux rien que pour les réveillons ne nous révolte-t-il pas ? Y aurait-il deux poids deux mesures ?



Pour les réveillons futurs, NON AU FOIE GRAS, NON AUX GIBIERS, NON AUX ECREVISSES TUEES PAR EBOUILLANTAGE ! C'est la seule façon de réagir si l'on veut que les fêtes de fin d'année ne constituent pas un gigantesque massacre.


Christiane ROUFOSSE