Sur la piste des trafics et blanchiments de chiots

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Sur la piste des trafics et blanchiments de chiots

 

Vous aimez les animaux et vous venez de vous décider et avez acquis le joli petit chiot dont rêvait toute la famille pour la rondelette somme de 1000 à 3000 euros parfois plus.

 

L’avez-vous choisi sur une annonce ou vous êtes-vous rendu chez un éleveur ou marchand qui vous a été recommandé ou encore par les réseaux sociaux ?

 

Vous êtes heureux, content de votre achat, persuadé que, conformément aux informations communiquées par le vendeur, le petit chien est né en Belgique, qu’il a 12 semaines révolues, qu’il a vécu heureux les 3 premiers mois de sa vie auprès de sa maman, laquelle a su lui inculquer les premiers réflexes d’éducation pour qu’il devienne un bon gentil et sociable petit chien.

 

Vous êtes persuadé qu’il a été élevé dans un milieu propre, qu’il est pré-vacciné, vermifugé et qu’il est en bonne santé.

 

Je n’en suis pas si sûr que vous !

 

Savez-vous qu’en Belgique des chiens et des chats sont produits dans des conditions horribles : box sales, humides, sans lumière du jour, couverts d’excréments, des chiots aux yeux purulents, des femelles condamnées à vivre avec leurs progénitures dans des box en béton de 80X80X80 cm. J’ai personnellement participé à une opération de saisie de plus de 500 chiots détenus dans ces conditions dans la région de Waremme. Ces pauvres chiens produits à très bas prix étaient vendus dix fois leur prix de revient.

 

A cette production locale s’ajoutent les chiots issus des importations légales et illégales.

 

Trafics de chiens des Pays de l’Est ! Vous ne pouvez imaginer ce qui recouvre ces mots. Des élevages de chiens en batterie, des usines à chiens, des femelles condamnées à vie à vivre dans d’horribles minuscules cages, à reproduire à raison de 2 portées par an parfois 3 pour les petites races, des chiots séparés de leur mère à 4 ou 5 semaines.

 

Tout ça avant d’être balancés dans des caisses comme de vulgaires légumes et de commencer un long voyage en voitures, camionnettes ou camions qui les amènent dans la cage d’exposition du marchand de chiens mafieux.

Le business est très juteux. Avec environ 200 euros de coût de revient pour un chiot vendu de 750 à 3000 euros, on a là une excellente affaire.

 

Beaucoup de particuliers qui prennent le pseudo d’intermédiaire ont compris qu’il est facile et peu dangereux d’importer des spitz, des chihuahuas et d’autres petites races à la mode et de les écouler via les réseaux sociaux auprès du naïf grand public.

 

La récente affaire du spitz venant de Russie et introduit illégalement en Belgique démontre que les autorités de contrôle font leur travail avec conscience et efficacité. Hélas, ils sont très peu nombreux et pas nécessairement suivis par la Justice.

 

Dans le dossier précité, tous les internautes sont montés au créneau pour critiquer sévèrement l‘AFSCA qui faisait son travail en échange, l’auteur qui avait introduit illégalement le chiot en Belgique et qui menaçait l’acheteur de mort était félicité sur les réseaux sociaux. Comprenne qui pourra ?!

 

L’identification électronique

 

Depuis septembre 1998, l’identification électronique des chiens est obligatoire. Elle se présente sous la forme de l’implantation sur l’animal, encolure côté gauche, d’une très petite puce électronique qui contient les éléments essentiels concernant l’animal transporté.

 

 

Au départ, ce judicieux mode d’identification devait permettre de retrouver facilement le propriétaire si l’animal se perdait. Il était, pensait-on, un élément essentiel pour lutter contre les vols et les trafics. C’était sans compter sur l’ingéniosité des commerçants peu scrupuleux et des trafiquants.

 

A de nombreuses reprises, la section anti-trafic et pollution de Love Animals a mis en évidence que les animaux nés dans les pays de l’Europe de l’Est se trouvent aussi facilement Francisés, Suissés, Espagnolisés ou même encore pour faire plus simple Belgisés. Très souvent un passeport européen rédigé en français ou établi par un vétérinaire complaisant est remis à l’acquéreur et qui finit de brouiller les pistes.

 

Le modus operandi est très simple

 

Très souvent, les chiots sont livrés clandestinement non identifiés. À leur arrivée, une puce belge leur est transpondée. La puce est accompagnée d’un passeport européen et voilà, les chiots nationalisés belges.

 

C’est si facile ! Pourquoi s’en priver. La section anti-trafic et pollution de Love Animals a en effet constaté que la majorité des particuliers qui achète des chiots en animalerie en Belgique ou auprès d’un vendeur multi-race font d’avantage confiance quand le vendeur affirme que le chiot est issu d’un élevage belge.

 

Pour ceux qui sont identifiés par une puce d’un pays d’Europe de l’Est, souvent le vendeur n’en parle pas, les acheteurs ignorent les codes européens des transpondeurs et ne commencent à examiner avec attention les documents remis lors de la transaction que lorsque les problèmes surgissent : maladies, troubles du comportement de l’animal etc….

 

Les importateurs de chiens des pays de l’Est savent que tout est faux (âge, vaccination, antirabique etc…) Ils travaillent à la chaine, aussitôt arrivés, aussitôt vendus, préfèrent que le chiot tombe malade chez l’acheteur plutôt que chez eux. Souvent, des gélules sont remises à l’acheteur par le vendeur qui prétend qu’il s’agit de vitamines. En réalité, ce sont des antibiotiques destinés à dissimuler ou retarder d’éventuelles maladies.

 

 

Les réseaux des trafiquants nous sont connus

 

Les investigations de la section anti-trafic et pollution de Love Animals ont permis d’identifier un grand nombre de trafiquants tant en Belgique qu’à l’étranger Suisse, Espagne, France, Slovaquie, Russie etc….

 

De nos jours, des véhicules immatriculés en Slovaquie et autres pays de l’Est débarquent dans les arrondissements de Liège, Bruxelles et autres villes des chiots en grand nombre qui sont immédiatement dirigés vers les cages d’exposition et proposés à la vente.

 

Deux des animaleries concernées font figurer sur leurs annonces que tous les chiots qu’ils proposent à la vente sont de qualité supérieure et que tout import-export est contrôlé par les douanes, l’AFSCA et que leur établissement est agréé et dès lors, régulièrement contrôlé par le bien-être animal. L’un des deux affiches même sur sa vitrine un PV du Bien-être animal qui a constaté le bon état de santé des chiens proposés à la vente.

 

Les chiots importés que vous achèterez peut-être amènent avec eux différentes maladies : toux du chenil, diarrhées, vomissements parfois malformations, teignes, gale de la peau et des oreilles, parasites etc…

 

 

Parfois les puces électroniques étrangères sont retirées aux chiots importés et remplacées par une belge.

 

Nous avons connaissance d’un importateur qui collait la puce dans l’oreille du chiot. Une fois arrivé à destination, elle était enlevée et une puce belge était transpondée.

 

L’immense majorité des vétérinaires, toutes nationalités confondues, considèrent leur métier comme une véritable vocation.

 

Quelques-uns hélas n’honorent pas leur profession.

 

Ce sont ces quelques vétérinaires qui fournissent puces et passeports européens pré-tamponnés à leurs clients.

 

En région liégeoise, dans un dossier révélé par la section anti-trafic et pollution de Love Animals, ce n’est pas moins de 37200 carnets de vaccination pré-tamponnés et garnis de fausses étiquettes de vaccination, rage, carré, parvo qui ont été saisis à Liège.

 

C’est aussi une fraude fiscale d’environ 6 millions d’euros qui a été mise à jour dans ce dossier de blanchiment de chiots.

 

Léon ROUFOSSE