Campagne stérilisation des pigeons

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1990-1994

 

Animaux Contact stérilise (à ses frais) les pigeons de Liège

Dans les parcs, sur les trottoirs, perchés haut sur les tours, les corniches ou les balcons, des dizaines de milliers de pigeons peuplent les villes.

 

Si ces sympathiques volatiles égaient les parcs et les squares, leur reproduction est intense, et leur trop grand nombre provoque dégradations et troubles de la vie citadine.

 

L'on évoque aussi souvent leur aptitude à transmettre l'ornithose (maladie animale contagieuse pour l'humain), voire même la tuberculose. Dans la nature, les populations de pigeons sont limitées par l'accès à la nourriture et par la destruction due aux prédateurs.

 

Dans nos villes, bien que la loi n'autorise pas les citadins à les nourrir, les nombreux amis des pigeons restent heureusement sourds à cet interdits et leur distribuent une abondante nourriture. De plus, dans les agglomérations les prédateurs naturels ont été pourchassés et détruits et les bandes de pigeons sans maître prolifèrent.

 

Les campagnes entreprises jusqu'ici pour détruire les pigeons ont toutes échoués. Qu'il s'agisse du tir à la carabine, de l'utilisation des pièges, d'appâts toxiques, de répulsifs ou de la capture au filet par des firmes spécialisées, ou encore par les ouvriers communaux, tous ces procédés se sont révélés aussi inutiles et coûteux que barbares.

 

Quand la population des pigeons diminue, les femelles ovulent d'avantage, le nombre de pigeons remonte en flèche et tout est à recommencer. La cruauté des méthodes utilisées a d'ailleurs, à juste titre, révolté les amis et protecteurs des animaux et rendu plus d'un bourgmestre impopulaire.

 

Comment, quand on se prétend civilisé, ne pas réagir devant la longue agonie d'un oiseau empoisonné, devant le martyre d'un pigeon mutilé par un coup de feu, collé par la glue sur la corniche d'un immeuble qui lui . servait de refuge, empalé sur les pointes acérées que certains lâches fixent sur leurs balcons ou encore , devant l'entassement de centaines , d'oiseaux pris au filet, qui sont piétinés avant d'être jetés au fond d'une caisse et dirigés vers on ne sait quelle triste destination. Quel bel exemple aussi pour nos enfants.

 

 

Une solution en douceur s'imposait d'urgence

 

En 1970, Genève est la première ville d'Europe à recourir à une solution douce pour limiter le nombre de pigeons, La distribution de graines contraceptives aboutit à ce qu'en 5 ans, la population de ces volatiles est passée de +/- 50,000 à +/- 15,000, La France suit le mouvement, Paris sera une des premières villes de France à distribuer les graines stérilisantes; en 7 ans, sans violence, la population des pigeons parisiens passe de +/- 250,000 à moins de 30,000 individus, Les pouvoirs publics luxembourgeois à leur tour décident d'écarter toutes méthodes cruelles d'élimination des pigeons et de ne plus recourir qu'à la distribution de graines contraceptives.

 

 

Belgique: une première à Liège

 

Christiane Roufosse, éditrice responsable d'Animaux Contact et de Poils aux Pattes, inspectrice principale de la Chaîne Bleue Mondiale, fondatrice de Love Animals, bien connue pour ses nombreuses actions envers le monde animal et la nature, tend l'oreille et redouble d'attention, Elle multiplie les contacts avec les laboratoires qui fabriquent les graines stérilisantes et constitue un abondant dossier sur le sujet.

 

Pendant plusieurs années, sans obtenir aucune réponse, elle supplie la municipalité liégeoise de prendre en considération le sort des pigeons et à ne plus recourir qu'aux graines contraceptives pour limiter les bandes de pigeons de la Cité Ardente.

 

Enfin, en 1989, le miracle se produit; après avoir étudié le volumineux dossier qui lui est soumis, Monsieur l'Echevin Firket, grand ami des animaux, cède aux supplications de Mme Roufosse, Sous l'impulsion de l'échevin de la qualité de la vie, Liège s'engage à ne plus capturer les pigeons, à ne plus poser glue et pièges sur les édifices publics et à ne plus recourir qu'aux méthodes douces proposées par Mme Roufosse.

 

Les graines traitées peuvent être distribuées, Mais attention, à une seule condition: Liège connait certaines difficultés financières, L'opération «distribution des graines stérilisantes» ne doit pas coûter un centime à la ville, ni mobiliser son personnel.

 

Peu importe, pour Mme Roufosse, c'est une victoire, elle s'engage à trouver les fonds nécessaires pour l'achat des graines stérilisantes. Elle démarre immédiatement une campagne de presse. La TV et la presse écrite commentent abondamment le projet, Le journal «La Meuse» lui consacre, à deux reprises, sa première page. A cause des articles du journal La Meuse, l'Espagne découvre les graines stérilisantes et sans plus attendre, les distribue.

 

Pour mieux connaître l'évolution des bandes de pigeons, leur nombre, leurs territoires, leurs habitudes alimentaires, Mme Roufosse parcourt Liège et prend contact avec les nombreux bénévoles qui participent quotidiennement à leur nourrissage, et qui, pour elle, sont les mieux qualifiés pour l'aider à conduire à terme la campagne de limitation. Elle apprend aussi à repérer les jeunes, les nouveaux etc... Quand tous les éléments écologiques lui sont connus, elle contacte les ministères de la santé publique et de l'agriculture afin de connaître si rien ne s'oppose à l'expérience et si les graines stérilisantes peuvent être librement importées en Belgique.

 

La réponse est positive, à condition qu'un vétérinaire se joigne à l'équipe et prescrive la quantité de graines nécessaires à chaque campagne, Nous sommes en novembre 1989. Dix tonnes de graines stérilisantes sont commandées, A livrer en mars 1990. Au moment de la livraison, Mme Roufosse apprend, avec surprise, qu'en février 1990, la législation sur l'importation des produits vétérinaires a été modifiée et qu'il n'est plus, dorénavant, possible d'introduire les graines stérilisantes en Belgique.

 

Mme Roufosse possède la liste complète des composants à utiliser pour la fabrication des graines contraceptives, Nullement découragée par le refus des ministères concernés, elle prend contact avec de nombreux laboratoires, professeurset vétérinaires pour connaître si un produit semblable peut être fabriqué en Belgique.

 

Le professeur Vindevogel (probablement le meilleur spécialiste belge en matière de pigeons) a répondu favorablement. En collaboration avec les établissements Servidal, ils mettent au point un produit ayant les mêmes propriétés que celui utilisé dons les pays précités. Le conditionnement et la présentation étaient même meilleurs. Hélas un nouvel obstacle surgit. Tout produit semblable devait, avant sa mise en service, être soumis à l'homologation. Cela pouvait prendre des années et coûter plusieurs millions.

 

Loin de baisser les bras, Mme Roufosse continue ses recherches, multiplie les contacts. Elle contacte même les USA qui sont dépositaires du brevet de fabrication des graines. Elle obtient, finalement, gain de cause. Les fameuses graines contraceptives sont enfin disponibles, elles sont garanties sans hormones et bénéficient d'une garantie d'efficacité de 98,10%.

 

Une victoire de plus à ajouter au bilan de Christiane Roufosse. Pourtant, elle est un peu déçue: suite à la campagne de presse, le mouvement s'est généralisé. Toutes les villes de Belgique, tant francophones que néerlandophones veulent les graines stérilisantes. Des centaines de particuliers se sont aussi manifestés pour obtenir les graines, Mais, malgré ce qui précède, c'est seulement aidée de sa famille et du journal «La Meuse», qu'elle a conduit le combat.

 

Les nombreux amis des pigeons ont, en tout et pour tout, versé +/- 5,000 frs pour leur contribution à la campagne de stérilisation.

 

Aucune bonne volonté, ni sponsors ne se sont manifestés pour l'aider, ni dans les communes, ni dans les associations, ni même dans les medias. Et c'est encore à travers ses publications, qu'elle édite bénévolement, que seront trouvés les fonds nécessaires pour régler la première commande de graines, Ah, l'indifférence humaine !!!

 

 

En conclusion

 

Dans la pratique. pour obtenir l'effet recherché, 30 grammes de graines traitées sont nécessaires, chaque jour, et cela pendant 10 jours, Soit 300 gr de graines par pigeon traité. Deux traitements annuels sont à programmer en mars et en septembre.Les graines contraceptives sont préparées à partir d'aliments naturels pour pigeons qui subissent une dragéification en plusieurs couches successives. La dragéification conserve à l'aliment son aspect naturel en même temps qu'elle le rend imperméable.

 

En Suisse, en Amérique, en France et au Luxembourg, les études cliniques conduites sous l'autorité d'experts compétents ont démontré que les pigeons urbains acceptent volontiers les graines de maïs traitées et voient chuter les éclosions de 98,10%.

 

Dans ces conditions, les graines mises à la disposition des pigeons peuvent rester sur le sol pendant plusieurs jours, même par temps de pluie, sans que leurs propriétés soient altérées.

 

Les graines contraceptives ne sont pas dangereuses ni pour les humains, ni pour les pigeons, pas plus d'ailleurs que pour les autres animaux, Au contraire, les expériences réalisées ont démontré que les pigeons stérilisés présentent une bien meilleure santé qu'auparavant.

 

Le produit utilisé à la préparation des graines n'est rien d'autre qu'un dérivé diazoté du cholestérol: l'azacholestérol. Il n'est pas un contraceptif de nature hormonale.

 

Le problème des pigeons dans les villes ne peut être traité que globalement. Les méthodes violentes, cruelles et inefficaces sont indignes de personnes civilisées et doivent être écartées une fois pour toute.

 

La contraception apparait comme une méthode quasiment naturelle pour limiter l'explosion des populations de pigeons.Les pouvoirs publics doivent prendre en charge la stérilisation des pigeons, précisément pour mieux les contrôler, les limiter, les regrouper.

 

Les bénévoles qui, jusqu'à présent, les nourrissaient clandestinement (souvent des personnes âgées) sont les mieux qualifiées pour participer à la distribution des graines. Elles constituent une main d'œuvreprécieuse et gratuite et seraient heureuses d'apporter leur aide.

 

L'enquête conduite par Mme Roufosse a aussi démontré qu'un public très nombreux serait d'accord d'acquérir et de distribuer les graines contraceptives. Ce qui soulagerait encore le budget des municipalités.

 

En rêvant un peu, on pourrait même imaginer que les amis des pigeons et leurs détracteurs se réconciliant distribueraient de concert les graines anticonceptionnelles avec un égal plaisir.

 

Pour le budget des villes, l'achat des graines esttrès largement compensé par la disparition des dégâts aux monuments et aux immeubles d'habitation, comme par l'amélioration très nette de l'hygiène public.

 

Les résultats sont visibles presqu'immédiatement. Ne pondant pratiquement plus, les pigeons ne construisent plus de nids d'où une diminution rapide et importante des salissures et dégâts.

 

La diminution de la population par stérilisation devient effective au bout de deux ans environ, le temps que disparaissent naturellement les oiseaux âgés et malades. Cette population diminue ensuite régulièrement de 15 à 20% par anjusqu'à ce que l'on ait atteint le nombre souhaité. En 5 ans, elle ne représentera plus qu'environ le tiers des effectifs initiaux. Lorsque le nombre de pigeons sera stabilisé au niveau désiré, on réduira la quantité de graines stérilisantes de +/- 10%.La population de pigeons restera alors parfaitement stable. Sur le plan pratique, la distribution d'aliments contraceptifs coûte, de toutes manières, bien moins cher que la capture au filet qui nécessite l'achat d'un matériel coûteux, le déplacement de véhicules, la présence d'un personnel nombreux et qui rend impopulaires les dirigeants communaux.

 

Les municipalités, ou les personnes qui souhaitent des renseignements complémentaires sur l'achat des graines stérilisantes et sur les principes des campagnes d'application (pratiques de distribution), peuvent utilement contacter:

 

Christiane Roufosse, rue W. Churchill, 425 - 4020 Bressoux.

 

La suite pour Liège, si..

 

En ce qui concerne Liège, la première distribution a eu lieu en septembre 1990, la seconde les 10 premiers jours de mars 1991, La troisième en septembre 1991 et ainsi de suite, Madame Roufosse s'est, à nouveau, engagée à trouver les fonds nécessaires pour ces nouvelles campagnes.

 

Vous pouvez l'aiderou la sponsoriser en versant vos dons au compte d'Animaux Contact et Love Animals BE36141051442681 avec la référence «campagne de stérilisation pigeons de Liège». Le compte peut être contrôlé par chaque donateur et les bilans de l'association sont expédiés à toutes les personnes qui en font la demande écrite.

 

 

L LIEGEOIS