Après le scandale de la vache qui fait un effet bœuf au cheval, voici celui du mouton

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Après le scandale de la vache qui fait un effet bœuf au cheval, voici celui du mouton

 

57 tonnes de sous produit de viande de mouton traité dans d’énormes autoclaves où les os, la moelle et la viande se retrouvent mélangés, ont été récemment saisis chez Spanghero. Cette même firme déjà impliquée dans le scandale du bœuf-cheval.

 

La méthode utilisée est prohibée en Europe pour éviter toute contamination au prion, à l’origine de la maladie de la vache folle. Espérons qu’elle n’a pas été aussi utilisée pour le cheval et le bœuf.

 

La viande de mouton de provenance britannique retrouvée chez Spanghero aurait été livrée par Draap-Tradine et facturée comme de l’agneau haché.

 

Comme d’habitude, Spanghero s’estime victime de la négligence de ses habituels fournisseurs, ceux-là mêmes qui sont déjà impliqués dans le scandale du cheval devenu bœuf.

 

Début des années 1990, Animaux Contact dénonçait déjà dans ses colonnes le scandale de la vache folle.

 

Nous reproduisons ci-après l’article paru dans le N° 63/1996 et repris à l’époque par de nombreux medias et qui reste plus que jamais d’actualité.

 

 

Le scandale de la vache folle ! C’est un crime, cela fait plus de

15 ans que l’on nous ment sur la viande de la mort

 

Les scientifiques et les politiciens nous ont menti

Je voudrais souligner que les humains n'attrapent pas la maladie de la vache folle ! "Cette phrase définitive, John Major, le premier ministre britannique l'a prononcée de nombreuses fois dans le courant de l'année 1995.

 

La majorité des scientifiques anglais a toujours soutenu qu'il n'existait aucun lien entre la maladie de CREUTZFELDT-JAKOB et l'encéphalopathie bovine. S'alignant sur les scientifiques, tous les hommes politiques ont conclu qu'il n'y avait pas de risque, même lorsque des cas inhabituels chez des jeunes gens ont été décrits ces dernières années.

 

Depuis le début de l'épizootique, les ministres responsables ont tenté de mettre de côté les avis scientifiques qui ne leur convenaient pas, comme certains en témoignent maintenant.

Depuis quelques jours, ce sont presque de véritables excuses que scientifiques et politiciens présentent aux médias. Un peu tard hélas. Certains affirment même que le silence leur a été imposé par leur hiérarchie, afin qu'un vent de panique ne s'abatte sur le monde entier. D'autres clament bien haut que le scandale de la vache folle, rappelle douloureusement celui du sang contaminé ... et que cela fait plus de 10 ans que délibérément l'on nous ment.

Du mouton délibérément mal cuit

 

Si des vaches ont attrapé cette maladie, c'est très certainement à cause de la cupidité humaine et des méthodes d'élevages actuels. Il existe, une maladie voisine, dite tremblante du mouton, qui sévit depuis des dizaines d'années chez cet animal. Dans les modes d'élevage actuels, les animaux sont parqués dans des espaces minuscules et sont nourris avec des aliments les moins chers et les plus nutritifs possibles. Les bovins doivent donc manger une sorte de bouillie composée de protéines d'origines animales, de farine et de déchets de viandes de mouton récupéré dans les équarrissages anglais. On transforme de cette manière des ruminants évidemment naturellement herbivores, devant être nourris avec du fourrage, en carnivores.

 

Mais revenons au début de ce drame. Fin de la première guerre mondiale, dans les années 1918, il y a une pénurie de viande.

 

Dans les années 1920, les chercheurs anglais décident pour accélérer la croissance et l'engraissement d'enrichir les aliments pour bovins à l'aide de supplément en protéines d'origine animale. Ces substances sont extraites de carcasses de moutons atteints d'une terrible maladie" la tremblante ". Ces cadavres sont centrifugés, bactérisés et traités par des produits chimiques qui détruisent le virus de la tremblante. Mais en 1978, un nouveau procédé de traitement par la chaleur est mis au point. Plus économique, hélas certains fabricants anglais, poussant le désir d'économie très loin, ont délibérément mal cuit cette viande, afin qu'elle soit la plus nutritive possible (car la cuisson détruit une partie des protéines). Dans ces conditions, ces traitements n'arrivent pas à détruire l'agent de transmission de la tremblante. Les vaches ont donc attrapé la maladie, car on les a obligés à manger du mouton malade, mal cuit.

 

Il aura fallu plus de quinze ans et de nombreuses victimes, pour que les scientifiques et politiciens admettent enfin que la viande de bovins contaminés tue.

 

C'est en 1981 qu'apparaissent dans le cheptel anglais les premiers cas d'encéphalopathies spongiformes bovines (SSE), que l'on surnomme maladie de la vache folle.

 

Pourtant, il a fallu attendre 1988 pour que le gouvernement anglais interdise que les bovins et autres animaux, porc, moutons, poules etc ... soient nourris avec des carcasses de moutons morts de la tremblante.

 

Mais la descendance de ces animaux a été également contaminée jusqu'à nos jours.

 

Avant 1980, les rares cas historiques de la maladie sont attribués à des cadavres humains. Les très rares populations cannibales sont classiquement atteintes de la maladie, ainsi que des personnes ayant bénéficiés d'injections d'hormones de croissances prélevées sur des cadavres humains. Depuis 1983, l'hormone de croissance est synthétisée par des bactéries, mais auparavant, la seule source était le prélèvement sur des personnes décédées.

 

Parallèlement, toujours au Royaume-Uni, apparaissent des premiers cas inexpliqués d'une maladie humaine très rare, le syndrome de Creutzfeldt Jakob, qui atteint surtout les personnes âgées. Mais bientôt, elles ne sont pas les seules! Car, chose étrange, cette maladie frappe aussi les jeunes qui tous, comme par hasard, sont grands mangeurs de viande de bœuf. Les symptômes de cette affection humaine sont identiques en tous points à la maladie de la vache folle.

 

Le cerveau devient" spongieux ", les malades maigrissent, perdent peu à peu la vue et sont atteints de paralysie. Au dernier stade de la maladie, ils refusent de s'alimenter.

 

Seule solution, préconisent les spécialistes sérieux, abattre tout le cheptel anglais, soit près de douze millions de têtes de bétail. Sur quoi, pour des raisons économiques, les éleveurs répliquent:

 

Ce serait terrible de massacrer 12 millions de têtes de bétail britannique pour éliminer le risque de maladie de Creutzfeldt Jakob et puis de nous rendre compte, quelques temps plus tard, que les coupables étaient en réalité porcs, volailles ect ... nourris eux aussi avec des suppléments nutritionnels contaminés, mais mis sur le marché tellement jeunes que les symptômes de la maladie chez eux n'avaient pas eu le temps de se manifester.

 

En attendant de pouvoir trancher qui est responsable de la propagation, la maladie fait des ravages et la liste des victimes connues s'allonge inexorablement.

 

Peter Hall, vingt et un ans, fanatique de musique et grand amateur d'hamburgers est devenu végétarien dès la déclaration de sa maladie. Hélas, c'était trop tard. Frances, sa mère confirme quand quelques mois, Peter avait régressé au point de réagir comme un nouveau-né qu'il fallait assister en permanence.

 

Le cas de Vicky Rimmer, dix-huit ans, est tout aussi bouleversant. C'était une adolescente pleine de vitalité et de joie de vivre. Elle aussi adorait les hamburgers. Depuis plus de deux ans, elle végète dans un état comateux. C'est en mai 93 que sont apparus les premiers symptômes. Elle oublie ce qu'elle vient de faire, elle se met à maigrir de façon spectaculaire. De 51 kilos, elle passe soudain à 37 kilos! En août, elle est hospitalisée d'urgence. A la fin du mois, elle devient sourde et aveugle, ne peut plus ni marcher, ni parler, ni avaler quoi que ce soit. " Cet enfant, dit sa grand-mère, c'était le soleil de ma vie. Aujourd'hui, j'ai décidé de me battre pour découvrir toute la vérité. ".

Et la litanie continue, Stephen Churchill, dix-neuf ans, Jean Wake, trente-huit ans, Davis Tipping, vingt-cinq ans, Léonard Franklin, cinquante-trois ans, Ann Richardson, quarante et un ans, Michelle Bowen, vingt-neuf ans, Ann Harness, cinquante-trois ans, Gwendoline Lawrence, soixante-quatre ans, Maurice Callaghan, trente ans, Kevin Morrisson, vingt-cinq ans, Ken Sharp, quarante-deux ans ...

Cette liste n'est pas limitative et risque de continuer à s'allonger. Le prix du bœuf ayant été réduit, de plus de moitié, les britanniques se sont à nouveau rués sur le steak au rabais. Les prix sont intéressants et nous sommes prêts à prendre des risques ont expliqué les membres d'une famille démunie, qui venaient d'acheter du bœuf à moitié prix.

 

Christiane ROUFOSSE